Archive for the tag 'Web 2.0'

Yahoo! rejoint Google et MySpace dans OpenSocial

Guy Vigneault avril 4th, 2008

Article publié originellement chez Abondance, le 27 Mars, 2008

Yahoo! a annoncé cette semaine qu’il allait rejoindre Google et Microsoft dans OpenSocial, alliance créée pour proposer une plateforme de développement regroupant un ensemble d’interfaces de programmation “visant à créer des normes communes” dans ce secteur. OpenSocial devient, par la même occasion, une fondation basée sur un statut d’organisme à but non lucratif qui ouvrira ses portes le 1er juillet prochain.

http://code.google.com/apis/opensocial/
http://www.opensocial.org/

L’avenir des réseaux sociaux selon Forrester

Guy Vigneault mars 25th, 2008

Article publié originellement chez Fred Cavazza, le 18 Mars, 2008

Le mois de Mars 2008 a été très riche en conférences (surtout aux États-Unis). Il y a d’abord eu le SXSW (South by SouthWest) (compte-rendu en français ici : SXSW la conférence atypique que les Européens n’ont pas encore découvert) et le très attendu Graphing Social Patterns, la grande messe des médias sociaux organisée par la maison O’Reilly.

GSP.jpg

C’est au cours de cette conférence que Charlene Li de Forrester Research a fait une présentation particulièrement inspirée sur l’avenir des réseaux sociaux : The future of social networks: Social networks will be like air :

Au-delà de ce diaporama, je vous propose un résumé des points-clés (qui s’appuie également sur ce billet : The Future of Social Networks at Graphing Social Patterns) :

  • Les réseaux sociaux vont connaitre un essor spectaculaire et devenir omniprésents ;
  • La gestion de l’authentification ainsi que des profils multiples va devenir une problématique récurrente (et des technologies comme OpenID ne résolvent qu’une petite partie du problème) ;
  • Il va devenir urgent de définir un cadre rigoureux de protection et/ou d’exploitation des données personnelles (c’est là où le Bill of Rights for users of the Social Web prend toute son importance) ;
  • La notion de social graph est encore largement usurpée dans la mesure où nos relations sociales réelles sont bien plus riches que ce que nous dévoilons sur nos profils (et cela ne risque pas de changer dans les prochaines années) ;
  • La constitution d’un réseau d’amis et de relation se fera de façon beaucoup plus fluide et permettra d’importer des contacts de différents services ou terminaux (téléphones portables…) ;
  • Nous n’en sommes qu’au tout début de l’exploitation des plateformes d’hébergement d’applications ou de services (tout reste à faire / trouver / expérimenter) ;
  • Les acteurs majeurs du web (Google, Yahoo!, Microsoft, AOL…) ne vont pas tarder à entrer sérieusement dans la danse ;
  • Le modèle économique des réseaux sociaux (et de leur écosystème) reste encore à trouver, il sera visiblement fondé sur l’influence des membres et sur les transactions dont ils seront à l’origine (peut-être cela se traduira-t-il par une “valeur sociale” ou “personal CPM“) ;
  • Il existe déjà de nombreuses start-ups qui cogitent sur ce dernier point pour trouver le juste équilibre qui conviendra aux membres, aux annonceurs et aux réseaux.

Tout ceci me conforte dans ma prédiction d’indicateurs spécifiques aux médias sociaux.

Alibaba veut se séparer de Yahoo!

Guy Vigneault mars 24th, 2008

La société chinoise de commerce en ligne Alibaba est en négociations avec des investisseurs en vue de racheter la part de 39% de la compagnie détenue par Yahoo!, et ce afin d’assurer son indépendance, a indiqué mercredi le Wall Street Journal.

L’objectif de l’opération est d’accroître l’indépendance de la direction d’Alibaba en perspective du rachat de Yahoo! par le groupe américain de logiciels Microsoft, selon le quotidien qui cite des sources anonymes.

Les dirigeants d’Alibaba craignent que la taille de Microsoft et ses précédentes expériences dans la prise en main de directions ne mettent à mal l’autonomie et l’image de l’entreprise chinoise, a noté le journal.

La suite chez Technaute, le 19 Mars, 2008

Une vision au vitriol des Reseaux Sociaux ?

Guy Vigneault mars 21st, 2008

Article publié originellement chez As-map, le 19 Mars, 2008

ton_reseau_social.jpg

De plus en plus de personnes ironisent la quantité de nouveaux “amis” que chacun peut se découvrir.
via Webilus

AOL rachète Bebo pour 850 millions de $

Guy Vigneault mars 20th, 2008

Article publié originellement chez Abondance, le 18 Mars, 2008

De nombreuses sociétés - dont Google - étaient “sur le coup”… c’est finalement AOL, propriété de Time Warner, qui a annoncé le rachat du réseau social Bebo, créé par Michael Birch en 2005, pour un montant en cash de 850 millions de $ (546 millions d’euros). Bebo est l’un des réseaux sociaux les plus importants après MySpace (propriété de News Corp) et FaceBook (dont Microsoft est actionnaire) et regroupe 40 millions d’utilisateurs, basés en majorité au Royaume-Uni, en Irlande et en Nouvelle-Zélande.

Bebo_logo_0.jpg

 http://www.aol.com/
http://www.bebo.com/

Wikipédia: des pots-de-vin pour Jimmy Wales?

Guy Vigneault mars 19th, 2008

Jimmy Wales, le cofondateur de Wikipédia, est de nouveau en difficulté. Un ancien dirigeant de Novell l’accuse de lui avoir réclamé de l’argent en échange d’une page favorable sur le site.

Selon Jeff Merkey, Jimmy Wales lui aurait demandé de faire une donation à Wikipédia afin de modifier son profil en des termes plus favorables. Jeff Merkey aurait ainsi apporté chaque année une contribution de 5 000 dollars pour voir son profil modifié par les éditeurs de Wikipédia et verrouillé de sorte qu’aucun utilisateur ordinaire ne puisse y ajouter de commentaires.

La suite chez Technaute, le 14 Mars, 2008

Facebook toujours dans la tourmente

Guy Vigneault mars 18th, 2008

Article publié originellement chez Fred Cavazza, le 12 Mars, 2008

Plus le temps passe et plus Facebook fascine autant qu’il déçoit. Peut-être est-ce la conséquence de la sur-médiatisation ? Peut-être est-ce parce que les utilisateurs voient en Facebook un service révolutionnaire qui va combler les lacunes des autres (et développent ainsi des attentes irréalistes donc de la frustration) ? Peut-être est-ce parce que l’équipe est en pleine crise de croissance (trop jeune, trop petite…) ? Peut-être un peu des trois… Toujours est-il que Facebook est en ce moment fortement chahuté par la blogosphère.

Il y d’abord les chiffres qui sont fortement critiqués et notamment en Angleterre (Facebook enregistre sa première baisse d’audience en Grande-Bretagne et Facebook loses a few bitches) et au Canada (Auditoire de Facebook au Québec: mon oeil !) ainsi que cette étude de Compete (Top Social Networks - February 2008) où l’on y (re)découvre que l’audience de Facebook est 3 fois moindre que celle de MySpace et que d’autres réseaux affichent des taux de croissance bien plus spectaculaires (MyYearBook, LinkedIn, Ning…). Certains y voient déjà le début de la fin : So long and thanks for all the poking.

Il y a ensuite le modèle publicitaire qui n’arrive pas à convaincre les annonceurs, si ce n’est les marchands de sexe : Facebook gets ad booty, booty ads. Il faut bien avouer que le soi-disant système de ciblage comportemental révolutionnaire ne tient pas ses promesses : Facebook Showing Signs Of a Topsy-Turvy Future. Il en résulte une situation paradoxal où Facebook nourrit un écosystème florissant mais ne parvient qu’à ramasser les miettes de cette orgie. Et la récente interview de Mark Zuckerberg au SXSW n’a fait qu’accentuer les craintes (Why Mark Zuckerberg isn’t saying anything) de même que la session de rattrapage où il ne s’en sort pas mieux (GigaOM Interview: Mark Zuckerberg, Founder & CEO Facebook).

Tout ceci engendre une situation financière qui s’annonce catastrophique avec des pertes anticipées de 150 millions de $ pour l’année 2008 (Facebook’s leaked financials reveal leaky business). Il faut dire que même si Facebook dégage du C.A., les frais de structure sont colossaux et la société doit investir massivement pour maintenir le service : ils possèdent déjà deux data centers et projette d’acheter des dizaines de milliers de serveurs. Cette fragilité financière apparente (disposeront-ils d’assez de cash pour finir l’année ?) ne motive pas réellement les annonceurs qui se contentent d’orchestrer des campagnes à court terme et évitent d’investir dans des deals trop impliquants. Et pendant ce temps là, les patrons crament de l’argent en organisant des soirées (Facebook spends $50,000 of Microsoft’s money on investor’s nightclub)…

Il y a enfin une stratégie d’internationalisation bancale où la traduction de l’interface est confiée à la communauté pour un résultat visiblement très mitigé (Facebook en français : échec 2.0 et Facebook to get lost (or found) in translation? Signs point to ‘oui’).
Rajoutez à cela le fait que les dirigeants de Facebook n’ont nullement l’intention d’investir dans des infrastructures locales (tout se fait aux US) et vous avez de quoi vous pouvez des questions sur leurs réelles ambitions à l’international.

Au final et malgré tout ce qui vient d’être dit, Facebook reste un acteur majeur et une figure emblématique des médias sociaux. Maintenant la question à 15 milliards de $ est : où va Facebook ? Difficile à dire tant leur discours est approximatif, du moins pour ce qui concerne la monétisation du trafic ou les offres de ciblage comportementale à destination des annonceurs.

Alors bien évidement ils ont déjà attiré plus de 67 millions d’utilisateurs et ce n’est pas rien. Mais force est de constater qu’il ne leur reste que très peu de temps pour trouver un second souffle et rassurer à la fois les annonceurs et les investisseurs avant de se voir voler la vedette par une autre plateforme sociale (lire à ce sujet : The Future of Social Networks at Graphing Social Patterns).

Web 2.0 pour le développement : quelques exemples d’applications

Guy Vigneault mars 17th, 2008

Article publié originellement chez Vecam, le 29 Novembre, 2007

Cette présentation succinte introduit le concept de “Web 2.0″, ou plus simplement de Web participatif ainsi que ses possibles applications dans le secteur du développement humain.

Cette présentation succinte introduit le concept de “Web 2.0″, ou plus simplement de Web participatif ainsi que ses possibles applications dans le secteur du développement humain et de l’humanitaire.

Définition du Web 2.0

Web20_logo.png Définition de Wikipedia : « Le Web 2.0 se réfère à la seconde génération de communautés et de services en ligne tels que les réseaux sociaux ou les wikis qui visent à faciliter la collaboration et le partage entre les internautes. »

Claude leblanc, éditorialiste du hors série de Courrier International intitulé Révolution 2.0, introduit le concept de la manière suivante : « Les blogs, les sites de réseaux sociaux ou encore les Wiki ont permis au citoyen lambda de passer du statut de simple récepteur à celui d’émetteur-récepteur, l’encourageant ainsi à s’investir dans la société. »

De manière plus générale, c’est à la fois l’émergence des technologies Web dites « participatives », offrant la possibilité aux internautes de devenir acteurs du réseau, un taux de pénétration du réseau Internet de plus en plus important, et une certaine maturité des usages qui pourraient constituer ensemble une définition du « Web 2.0 ».

L’émergence des technologies participatives

L’émergence du contenu généré par l’internaute (« user-generated content »), transformant ce dernier en véritable acteur du réseau, s’explique par les évolutions récentes des technologies Web dites participatives. En particulier, la maturité des systèmes de gestion de contenu (CMS), et les solutions Open Source telles que Typo3, SPIP, Drupal ou encore ezPublish, permet aujourd’hui de développer un portail institutionnel ou communautaire avec peu de ressources humaines et financières. La plupart de ces solutions de gestion de contenu proposent des fonctionnalités participatives (inscription, commentaires, classement, forums…).

La vulgarisation des usages en matière de blogs, de Wikis ou plus simplement d”utilisation des forums et listes de discussion est aussi un facteur clé dans l’apprentissage de l’internaute et sa transformation en véritable producteur de contenu.

D’autres innovations plus ou moins récentes du Web confirment une profonde mutation du réseau avec des moyens de production et de diffusion de contenu toujours plus pertinents :

- Le format d’échange RSS
- La géo-localisation participative (identifier les acteurs, les projets…)
- La maturité des normes Internet dont L’UTF-8 (cette norme permet de produire des portails multilingues, dialectes compris, dans des langues non latines).
- La production audio et vidéo pour le Web accessible à tous (comme le podcasting).
- Les réseaux sociaux (comme Viadeo, dgCommunities, Facebook…) …

Le Web 2.0 pour le développement

Le Web 2.0 pour le développement consiste à appliquer ces technologies participatives et l’usage d’outils de production de contenu Web, à la fois plus performants et plus simples, au secteur du développement humain.

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Des outils comme les portails collaboratifs et les réseaux sociaux en ligne sont particulièrement bien adaptés aux besoins de la société civile. Le portail collaboratif de la société civile et du développement au Maroc, www.tanmia.ma, génère par exemple quelques 300 000 visiteurs uniques par mois, les dgCommunities de la Fondation Development Gateway environ 800 000.

Les applications sont multiples. Il existe des expériences concrètes, comme l’implémentation d’un forum de discussion thématique, d’un blog sur les droits de l’homme dans un pays ou la presse ou Internet est censuré, en passant par le partage de contenu éducatif ou culturel sous licence libre (de type Creative Commons), la création d’une plateforme de formation à distance de logisticiens humanitaires, d’un télécentre communautaire ou encore d’une base de données des projets de développement partagée par tous les bailleurs d’un pays.

Un autre exemple plus marginal, car ne profitant pas directement aux utilisateurs finaux ou aux populations cibles, consiste a effectuer une recherche avec le terme “humanitaire” à l’aide de Google. La colonne de droite, qui correspond au programme AdWords de Google, affiche alors plusieurs campagnes de communication ou de sensibilisation mises en œuvre par des associations caritatives ou humanitaires. Médecins Sans Frontières, la Croix Rouge, le Secours Catholique et d’autres organisation exploitent ainsi de plus en plus le réseau et ses services publicitaires payants pour lever des fonds, trouver des volontaires, et plus généralement atteindre les objectifs de développement humain fixés par la structure.

Des arguments justifient l’appropriation rapide des technologies « Web 2.0 » par les acteurs du développement :

- La possibilité de créer des communautés virtuelles par thématiques.
- La nécessité de pallier à la problématique de distance géographique des acteurs.
- La réduction des coûts (transports et communication) .
- Une demande forte en échange de savoir et de bonnes pratiques.
- Une transparence accrue (entre bailleurs et/ou acteurs).
- Des technologies adaptées au plaidoyer et à la valorisation des actions mises en oeuvre.

Quelques exemples concrets

- Blog : le blog idées pour le développement.->
- Blog : RSF Blogs (par Reporters Sans Frontières). ->
- Wiki : les ICT4D wikibooks de l’UNDP-APDIP. ->
- Doona : le premier moteur de recherche à but humanitaire. ->
- Le marketing en ligne appliqué au secteur du développement : levées de fonds (Secours populaire, MSF), recrutement de volontaires (la Croix Rouge), campagnes de sensibilisation… - >. Oxfam UK a ainsi collecté 13 millions de livres sterling en ligne.
- Le programme Youtube pour les organisations (non profit). ->
- Un journal en ligne dédié aux TIC pour le développement comme par exemple ICT Update.
- … de très nombreuses autres initiatives.

Exemple de réseaux sociaux et portails participatifs francophones dédiés au secteur du développement :

- www.mediaterre.org ->
- www.euforic.org ->
- www.coordinationsud.org ->
- www.rinoceros.org ->
- www.infosud.org ->
- www.unseulmonde.ca ->
- www.intercoop.info->

En savoir plus :

- Le hors série de courrier International intitulé Révolution 2.0.
- Le dernier numéro de ICT Update, intitulé Web 2.0 pour le développement. ICT Update est un bulletin électronique centré sur l’application des Technologies de l’information et de la Communication (TIC) au secteur du développement.
- Les présentations et contributions réalisées pendant la conférence Web2forDev (septembre 2007 – Rome).
- La une de la communauté ICT4D dgCommunity consacré au Web 2.0 pour le développement.

opendocument presentation - 32.8 ko
Présentation Web 2.0 pour le développement - Format ODP
Flash - 68.7 ko
Présentation Web 2.0 pour le développement - Format flash

Cet article est une contribution de Thomas - Mediatrotters.

La gratuité est-elle l’avenir de l’économie ?

Guy Vigneault mars 13th, 2008

Article publié originellement chez InternetActu, le 10 Mars, 2008

La gratuité est l’avenir de l’économie clame Chris Anderson (blog) qui prépare dans cet article pour la revue Wired, dont il est rédacteur en chef, son prochain livre intitulé Free. Chris Anderson rappelle tout d’abord que la gratuité s’inscrit dans un processus commercial classique, comme l’a exploré avec succès Gillette, en offrant ses rasoirs et en faisant payer ses lames. Mais avec l’internet, une nouvelle gratuité s’est développée, fondée sur des coûts de reproduction nuls du fait de la numérisation, et sous la pléthore de l’offre qui tire encore plus les prix vers le zéro absolu. Un peu comme si Gillette devait maintenant offrir le rasoir et la lame et percevoir son argent sur autre chose. “Il n’y a jamais eu un marché plus concurrentiel que l’internet, et chaque jour le coût marginal de l’information devient plus proche de rien du tout”, explique le brillant éditorialiste.

freeanderson.jpg

La gratuité est inexorable

Selon lui, la gratuité est inexorable : “La constante diminution des coûts de production de l’économie numérique incitera bientôt la plupart des entreprises à donner la majorité de leurs produits”. La distribution gratuite est une nouvelle forme d’économie, explique-t-il. Les choses autour de nous deviennent chaque jour moins coûteuses : grâce à la Chine et l’approvisionnement mondial, on peut obtenir un tee-shirt pour le prix d’une tasse de café. Et cette tendance est encore plus forte dans le monde de l’immatériel. Des albums aux jeux, en passant par les logiciels de Google, tout est gratuit sur l’internet. La montée de cette économie de la gratuité est tirée par les technologies qui font marcher le web. La fameuse “loi de Moore“, qui prédit que la densité des transistors sur un microprocesseur double tous les 18 mois (ou les 2 ans, c’est selon), s’appliquerait également à la bande passante ou au stockage, dont le coût à capacité égale se réduit sans cesse. Le coût du business en ligne tend chaque jour à se rapprocher de zéro : ou plus précisément “le coût marginal de la technologie dans les unités que les individus consomment est proche de zéro”, comme le montre l’évolution du coût du webmail.
Selon lui, le fossé psychologique entre “le presque zéro” et “le zéro” a sauté et il va être impossible de revenir en arrière. C’est la raison pour laquelle le micropaiement a échoué.

Anderson tire une conclusion en forme de leitmotiv et qui pourrait sonner comme une alarme à destination des industries culturelles : “Il est désormais clair que tout ce que le numérique touche évolue vers la gratuité (…) D’une certaine manière, le web étend le modèle économique des médias à toutes sortes d’autres secteurs économiques.” Il resterait juste à savoir quand cela arrivera à chaque secteur.

6 grands modes de financement de la gratuité

Après avoir dressé ce constat encore confus et insuffisamment documenté - qui reste tout de même plus dans le registre de l’intuition que de la démonstration scientifique -, Anderson dresse alors une plus intéressante taxinomie de la gratuité [voire aussi celle que propose les chercheurs du laboratoire Sense d’Orange], afin de dépasser le seul modèle publicitaire :

  • le modèle fremium : une version gratuite grand public couplée à une version payante, plus chère et plus évoluée pour un marché de niche, comme Flickr et les 25 dollars annuels de la version Pro. C’est le modèle de l’échantillon gratuit, si ce n’est que dans le numérique, une personne qui paye permet à des milliers d’autres d’avoir une version gratuite.
  • le modèle publicitaire.
  • les “subventions croisées”, c’est-à-dire l’offre gratuite d’un produit pour vous inciter à en acheter un autre, comme quand on vous donne un téléphone en échange d’un abonnement.
  • le coût marginal nul : c’est-à-dire quand il est plus simple d’offrir que de faire payer, comme le constate sans doute le monde de la musique (en espérant bien sûr faire payer autre chose).
  • l’échange de travail : vous accédez gratuitement à un service en échange d’un acte d’utilisation qui crée de la valeur (en améliorant le service ou en créant des informations qui peuvent être utiles ailleurs : c’est le principe des votes sur Digg, de Recaptcha…)
  • l’économie du don : l’argent n’est pas la seule motivation. De Freecycle à Wikipédia, l’altruisme, l’économie du partage, montrent qu’il y a peut-être d’autres façons de créer de la valeur.

L’argent n’est pas la seule rareté dans cette économie d’abondance, suggère Anderson. Votre temps, votre réputation le sont aussi : “Le monde du gratuit a pour objet de capter ces nouvelles raretés, au nom d’un modèle d’affaires qui sera identifié par la suite.” Nous entrons dans une ère où la gratuité sera considérée comme la norme et non pas comme une anomalie, conclut Anderson.

En 1954, à l’aube de l’énergie nucléaire, Lewis Strauss, chef de la Commission de l’énergie atomique, avait promis que nous entrions dans une époque où l’électricité serait “trop bon marché pour qu’il vaille la peine de la compter” (too cheap to meter). Inutile d’expliquer que cela ne s’est pas produit, essentiellement parce que la tension énergétique, le développement et les risques liés à l’énergie nucléaire a fortement augmenté les coûts. “Mais s’il avait eu raison ? Que se serait-il passé si l’électricité était en fait devenue pratiquement gratuite ? La réponse est que tout ce que l’électricité a touché - c’est-à-dire à peu près tout - aurait été transformé. Plutôt que d’équilibrer l’électricité par rapport aux autres sources d’énergie, nous aurions recours à l’électricité pour le plus grand nombre de choses que nous pourrions - nous la gaspillerions, puisqu’elle ne vaudrait pas assez pour qu’on s’en préoccupe.”

“Aujourd’hui, ce sont les technologie s numériques, pas l’électricité, qui sont devenues bon marché pour qu’on les facture à l’usage. Il a fallu des décennies pour se débarrasser de l’idée que l’informatique n’était destiné qu’à un petit nombre d’utilisateurs, et nous sommes seulement en train de commencer à libérer la bande passante et le stockage de la même pauvreté de l’imagination.”

Malgré le côté stimulant de l’analyse, la démonstration ne nous semble pas si concluante que ça. L’analogie avec l’électricité expliquerait le développement d’une facturation au forfait, pas nécessairement la gratuité. Un coût marginal (coût de reproduction par exemple) nul ne signifie pas que la production (d’un morceau de musique, par exemple) ne coûte rien. Il y a bien toute une économie qui se fonde sur la gratuité de quelque chose à une étape de la chaîne de consommation, mais peut-on en faire un modèle général ?

8 valeurs génératives pour dépasser le gratuit

Force est de constater que pour l’instant, sur le même sujet, Kevin Kelly, l’ex-rédacteur en chef de Wired, est plus clair. Après nous avoir expliqué il y a quelques mois que la technologie tend à devenir gratuite, avec un nouvel article intitulé mieux que le gratuit (voir la traduction en français), il explique lui aussi que l’internet est une machine à copier. “Même un chien sait qu’on ne peut plus rien effacer une fois qu’un os a été lancé sur l’internet”. Ce super système de distribution est en train de devenir la fondation de notre économie et de notre puissance, alors que jusqu’à présent, elles étaient fondées par la vente précieuse de chacune de ces copies. Si la reproduction de nos meilleurs efforts devient gratuite, comment allons-nous continuer ? Comment peut-on faire de l’argent en vendant des copies gratuites ?

kellycopytransmission.jpg

“Quand la copie se généralise, vous avez besoin de vendre des choses qui ne peuvent pas être copiées”, clame Kevin Kelly. Il y a plein de qualités qui ne peuvent pas être copiées, explique-t-il : la confiance par exemple. La confiance ne peut pas être téléchargée ou contrefaite (enfin, pas pour longtemps). Toutes choses égales par ailleurs, vous préférerez toujours faire affaire avec quelqu’un de confiance. La confiance est donc un élément intangible qui a une valeur croissante dans un monde saturé. Il a plein d’autres qualités similaires à la confiance qui sont difficiles à copier et qui prennent de la valeur dans cette économie en réseau. Pour mieux les comprendre, Kevin Kelly se place dans la peau d’un utilisateur se demandant pourquoi il payerait pour quelque chose qu’il peut avoir gratuitement. Et de distinguer 8 valeurs “génératives” qui sont mieux que le gratuit. Des valeurs qui ne peuvent pas être copiées, clonées, répliquées, contrefaites ou reproduites… mais qui sont relatives et qui s’adaptent au produit et au public.

  • L’immédiateté. Avoir une copie au moment où elle est mise en vente ou produite, immédiatement, sans avoir à l’attendre. Beaucoup de gens paient pour aller au cinéma voir un film alors qu’il leur suffit d’attendre pour en avoir, quelques mois plus tard, une copie à prix réduit, voire un accès gratuit ou quasi gratuit en le téléchargeant. La perception du temps étant relative, cette immédiateté peut s’adapter au produit et au public.
  • La personnalisation. L’aspirine est presque gratuite, mais l’aspirine adaptée à votre ADN est très coûteuse. Bien sûr, la personnalisation requiert une communication constante entre le créateur et le consommateur, l’artiste et ses fans, le producteur et l’utilisateur. C’est très génératif car c’est itératif et ça prend du temps. Vous ne pouvez pas copier la personnalisation issue d’une relation.
  • L’interprétation. Comme aujourd’hui le manuel d’un logiciel libre est payant, demain la copie de votre séquence génétique sera gratuite, mais l’interprétation de ce qu’elle signifie, ce que vous pouvez faire avec, et comment l’utiliser - le manuel de vos gènes finalement - sera coûteux.
  • L’authenticité. Pour avoir une version fiable, certifiée, authentique et qui fonctionne.
  • L’accessibilité. Garder ses copies par-devers soi n’est pas facile. Demain nous paierons des entrepôts pour nous donner accès à des morceaux de musiques quand et où nous le souhaitons.
  • L’incarnation. Pour profiter d’une copie en haute résolution, pour avoir accès à un support, à une performance… L’incarnation de ce que nos copies dématérialisent n’est pas gratuite.
  • Le mécénat. “Je suis convaincu que l’audience souhaite payer les créateurs. Les fans veulent récompenser les artistes, musiciens, auteurs et autres à la hauteur de leur appréciation car ça leur permet de maintenir un lien. Mais ils ne vont payer que si c’est très facile à faire, d’un montant raisonnable et en étant sûr que l’argent ira directement aux créateurs. L’expérience récente très médiatisée de Radiohead laissant les fans payer ce qu’ils souhaitent pour une copie gratuite est une excellente illustration de la puissance du mécénat. Le lien immatériel et insaisissable entre ce que les fans apprécient et l’artiste vaut quelque chose.”
  • La trouvabilité. C’est-à-dire la capacité à rendre visible une copie, une oeuvre… Dans un océan de données, nous paierons pour les outils où les personnes qui vont rendre visible ou trouvable ce que l’on cherche. Les éditeurs, critiques, labels ont encore un rôle à jouer.

“Ces 8 valeurs génératives demandent une compréhension de la façon dont l’abondance engendre un nouvel état d’esprit”, conclut Kevin Kelly, qui a volontairement écarté la publicité de sa liste. Certainement parce qu’il ne considère par la publicité comme une valeur, ou plutôt parce que ces valeurs permettent également d’ajouter de la valeur au modèle publicitaire. Des valeurs dont il faudrait certainement mieux mesurer les limites (l’accessibilité par exemple, dans un monde où tout est connecté et dupliqué est-elle vraiment une valeur et jusqu’à quelle limite ?). Mieux que les généralisations d’Anderson, ces pistes nous permettent en tout cas d’y voir plus clair et de mieux comprendre comment demain, il nous faudra donner pour vendre.

PS : Le travail réalisé par la Fing sur la musique, présenté en avril 2007, aboutit à des conclusions très proches de celles de Kevin Kelly. En décrivant plusieurs dizaines de modèles d’affaires expérimentés sur ce marché, il prolonge l’analyse en s’interrogeant sur la manière dont ces nouvelles formes de génération et de circulation de la valeur déplacent également le pouvoir d’une catégorie d’intermédiaires - par exemple les producteurs - vers une autre - par exemple les portails et les “sites sociaux”.

Google et Microsoft en lice pour racheter Digg ? Digg dément…

Guy Vigneault mars 13th, 2008

Article publié originellement chez Abondance, le 8 Mars, 2008

Une rumeur enfle sur le Web depuis quelques jours sur le fait que Digg - outil permettant de soumettre des articles qui seront par la suite approuvés ou non, au travers d’un système de votes, par la communauté - serait à vendre. Deux sociétés seraient intéressées : Google, qui aurait proposé entre 200 et 225 millions de $ et Microsoft avec une offre similaire bien que légèrement inférieure, sachant que Microsoft et Digg ont déjà un accord publicitaire entre eux… Deux autres géants des médias seraient également intéressés sans que leur nom ait été cité… Devant ces spéculations, Jay Adelson, CEO de Digg, a clairement indiqué sur le blog du site que toutes ces rumeurs étaient totalement fausses… L’avenir dira, certainement très prochainement, qui a raison… Alors, info ou intox ? A vous de voter… :-)

digglogon.png

 

http://www.digg.com/

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