Archive for the 'actualité' Category

Dominic Arpin : Le patrouilleur du net

Guy Vigneault février 12th, 2008

Article publié originellement chez Zero Seconde, le 6 Février, 2008

arpin.png“Ladies and gentleman, Dominic Arpin hasn’t left the building!” De retour après une pause de quelques mois, il reblogue a nouveau sur son carnet tout neuf. Il devient “Le patrouilleur du net“.

Dominic “l’Arpingleur”, le cow-boy qui “lemeurise” tout ce qui blogue plus vite que son atom. Un blogue sain dans un corps sain, telle est sa devise.

Je crois que la moindre des choses que l’on peut s’attendre d’un patrouilleur du net c’est qu’il distribue des billets! Nous voilà ravis! Juste à temps pour le Yulblog de ce soir!

Chefs jetables

Guy Vigneault mai 14th, 2007

Article publié originellement chez Mario tout de go, le 13 Mai 2007

Ce matin, une autre personne de qualité inscrit son cheminement dans la volonté de devenir chef du Parti québécois. Comme tous les autres qui ont occupé ce poste, Pauline Marois s’expose à du rejet, à plus ou moins brève échéance. De René Lévesque à Lucien Bouchard en passant par André Boisclair, les chefs du P.Q. sont jetés après usage. Je ne vois pas pourquoi ce serait différent avec Mme Marois. Et c’est bien dommage parce que cette grande dame peut faire beaucoup pour le Québec en général et l’éducation en particulier.

Ce n’est pas très «politiquement correct» d’écrire un billet comme celui-là au moment même où le Réseau De l’Information couvre l’annonce de la candidature officielle de Pauline Marois en tant que chef de la «famille souverainiste». Mais je regarde comment le P.Q. bouffe les chefs… OUF!

Dix-huit mois après avoir jugé qu’André Boisclair était le meilleur porteur de ballon, les nombreuses personnes sur l’estrade montrées à l’écran entourent Mme Marois avec chaleur. Même Mme Lemieux qui se tenait la tête à deux mains à l’Assemblée nationale la journée où M. Boisclair a annoncé son départ était là… Grand bien leur fasse. Mais le fait que plus personne ne semble se souvenir de M. Boisclair ne me dit rien qui vaille. Après ça on se questionne sur les raisons qui expliquent qu’il y ait autant de belles-mères au sein de ce parti? C’est à se demander si M. Duceppe qui s’est jeté lui-même n’a pas vu le plus juste dans cette histoire…

J’ai côtoyé le Parti québécois et le Bloc en quelques occasions dans les derniers mois à titre de blogueur (1, 2 et 3); je suis convaincu que Jean Charest et Mario Dumont ne seraient plus chefs de leur parti si «la logique» des souverainistes s’appliquait dans leur parti. Je parle d’une mentalité «idéologique», à base de «crois ou meurt» qui fait du mouvement indépendantiste, un mouvement individualiste où les personnes leaders sont à la merci du moindre groupuscule qui interprète que les agissements d’un chef ne sont plus «enlignés» sur la cause.

Mme Marois sera jetée, à plus ou moins brève échéance (quelques blogueurs indépendantistes expriment déjà des doutes sur elle, 1, 2, 3 et 4). C’est désolant de le penser, de l’écrire et encore plus, de savoir qu’ils le savent tous…

Bonnes chances quand même!

Projet de loi sur l’assainissement d’Internet

Guy Vigneault avril 22nd, 2007

Article publié originellement chez Zero Seconde, le 21 Avril 2007

Joy Smith, du parti Conservateur à Ottawa a proposé mercredi dernier une Loi sur l’assainissement d’Internet (C-427). Certains pays qui censurent Internet doivent se mordre les doigts de ne pas y avoir pensé avant. (via Michael Geist)

Sautons tout de suite à l’article 4 si vous voulez bien.

4. (1) Nul ne peut offrir des services de fournisseur d’accès au réseau Internet ou exploiter une entreprise offrant de tels services à moins d’avoir obtenu une licence de fournisseur d’accès au réseau Internet aux termes du paragraphe (2). (c’est moi qui mets en italique)

Je reprends pour être sûr que l’on comprenne tous la même chose : il faut une licence pour devenir fournisseur d’accès. Et qu’est-ce que l’on dit au paragraphe (2) à propos de ce qu’est un fournisseur d’accès au réseau Internet?

2. « Fournisseur d’accès au réseau Internet » Personne qui fournit des services permettant l’accès au réseau Internet, que ce soit gratuitement ou contre rémunération. (c’est moi qui mets en italique)

Je souligne une deuxième fois pour être sûr que tout le monde suit : gratuitement ou contre rémunération c’est la même chose! Tu as bien lu, Mike, ça veut dire aussi Île sans fil. Ou vous, oui vous, avec votre routeur wifi non protégé.

Et qui gèrera la licence? Le CRTC, voyons. Non!? Si!! Lisez vous-même, bande de Thomas!

4. (2) Le Conseil délivre une licence au demandeur qui répond aux conditions prévues par règlement (…)

Définition de ce que veut dire “conseil“?:

2. « Conseil » Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes constitué par la Loi sur le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes.

Le CRTC! Dont la devise est : “la communication dans l’intérêt du public” (sic).

Et sous quels prétextes, SVP? Pour assainir Internet. Oui madame! Pour assainir Internet!

Conservateur comme dans conservateur
Assainir Internet et limiter la communication de ce qui ne plaît pas. Oh, n’allez pas croire que c’est 1984! On commence toujours pour les bonnes raisons.

Ici le projet de loi de madame Joy vise à empêcher l’utilisation du réseau Internet pour la distribution de pornographie juvénile, de documents destinés à préconiser, promouvoir ou encourager la haine raciale et de documents présentant ou encourageant la violence contre les femmes.

Ça ne vous rappelle pas la Child Online protection act de Bush? Qui peut être contre la vertu? Moi!

Car ici on utilise les bons sentiments pour faire une mauvaise chose. On peut criminaliser ces gestes (et je crois qu’ils le sont déjà) mais on ne peut “empêcher” l’utilisation d’un outil pour faire ces gestes criminels ! Et empiétant sur la vie privée de tout le monde de surcroît!

Pourquoi ne pas empêcher à la place les caméras, les appareils photo, le papier à imprimer, le fil USB, la mémoire Flash?!?! Ou le téléphone, les cassette VHS, la parole, la pensée. On arrêterait ainsi le mal à la source! Hop une license pour penser. C’est de là que se propage le mal après tout.

Danger, madame Smith, danger!
Comprenez-moi bien. Je suis pour la protection des enfants. Mais on ouvre ici la boîte de Pandore :

13. (1) Aux fins de l’exécution d’un mandat de perquisition délivré en vertu de l’article 487 du Code criminel relativement à une infraction constatée ou soupçonnée à la présente loi, le ministre peut prescrire les pouvoirs spéciaux qu’il juge raisonnablement nécessaires pour faciliter les recherches dans les banques de données, les mémoires ou les systèmes informatiques.

(2) La délivrance d’un mandat conférant les pouvoirs visés au paragraphe (1) est régie par les mêmes principes d’autorisation et de motifs de soupçons, et les mêmes procédures et conditions de délivrance qu’un mandat de perquisition délivré aux termes du Code criminel.

En clair (je veux être sûr que l’on me suive jusqu’au bout) : sous simple soupçon on peut prescrire des pouvoirs spéciaux pour ce que j’appelle une perquisition électronique.

Garde-fou pour gardes fous
Quand la loi sera passée, on aura juste à élargir le spectre des crimes pour accommoder n’importe quelle dérive. Et même, obliger légalement tous les fournisseurs à devenir leurs espions.

10. (1) Le ministre peut ordonner au fournisseur d’accès au réseau Internet de prendre tous les moyens raisonnables à sa disposition pour empêcher les abonnés d’avoir accès aux documents [criminels visés dans le présent projet de loi] qui se trouvent sur le réseau Internet et que le ministre déclare, après une enquête raisonnable, être visés par les articles 6, 7 ou 8.

Pour les articles 6,7 ou 8, je vous laisse faire le travail vous même.

À reculons, tous!
Je crois que cette loi relève d’une vision archaïque provenant des médias traditionnels et ne s’applique pas à Internet.

Au lieu de dépenser nos taxes dans une excroissance cancérigène de la fonction publique, afin de surveiller en copies rose, saumon, jaune et or les accès à internet, investissons dans l’augmentation des affectifs aptes à parcourir le réseau à la recherche de ces criminels. La loi c’est la loi. Pas besoin de celle-ci (et Dieu merci, il y a peu de chance qu’elle passe).

Contrairement à un mythe bien répandu, il y a moyen de retracer la plupart des communications ou des transferts sur Internet. Souvent les criminels sont à l’étranger (où se base sur des services à l’étranger) et aucune loi locale comme celle que Madame Smith veut mettre en place n’empêchera ça. Ou si! En imitant comme la Chine! Bel exemple!

(image de l’affiche via Max)

Lire aussi sur Zéro Seconde (Mars 2006) à propos de la vie privée
Google et vie privée
Marchants et vie privée de masse
GDrive et privatique

Six Apart : Loic Le Meur cède sa place à Olivier Creiche

Guy Vigneault mars 28th, 2007

Article publié originellement chez Pointblog le 27 Mars 2007

Olivier Creiche, directeur du développement commercial de Six Apart S.A., la filiale européenne de Six Apart, devient Vice President et general manager de Six Apart en charge de la zone EMEA, à la place de Loic le Meur. Loic conserve un poste honorifique, il devient Honorary Chairman de Six Apart EMEA, et, comme l’annonce Six Apart, “continuera aussi à produire les conférences LeWeb3 qu’il a lancées il y a 3 ans”. Olivier Creiche a, selon Six Apart, fondé Ublog avec Loïc Le Meur avant de rejoindre Six Apart en 2004.
Loic Le Meur pourra se consacrer intégralement à la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, avant de se lancer dans de nouvelles aventures.

Les 50 personnalités qui font le Web

Guy Vigneault mars 6th, 2007

00465548.jpgAlors que Time Magazine a fait de l’internaute la personnalité de l’année 2006, PC World publie son classement des 50 personnalités du Web les plus en vue en ce début d’année 2007. Tous les classés, des Américains trentenaires de sexe masculin, pour la plupart, ont le sens des affaires, une vision numérique, le souci de placer les utilisateurs au coeur de l’expérience Web.

A la tête de ce classement, se placent des acteurs des technologies de recherche, du Web 2.0, des blogs, wikis et du jeu vidéo : Eric Schmidt, Larry Page et Sergey Brin, respectivement président et co-fondateurs de Google, la référence mondiale des moteurs de recherche et des liens sponsorisés, arrivent en tête.

La suite chez NetEco, le 6 Mars 2007

A qui appartiennent mes logs ?

Guy Vigneault septembre 7th, 2006

Début août, une équipe d’AOL Research a mis en ligne, avant de le retirer promptement, un document contenant des millions de données sur les recherches effectuées par ses utilisateurs américains (concernant quelques 658 000 internautes ayant effectué quelques 20 millions de requêtes sur les mois de mars, avril et mai 2006). Téléchargé plusieurs centaines de fois, le fichier a été depuis livré en pâture sur l’internet (il existe même plusieurs moteurs de recherche spécifiques permettant de mener des requêtes sur ces données, notamment AOL Search Database, Datablunder ou Frogspy…).

aolsearchlog.jpg

Le fichier a déjà été exploité par de nombreux chercheurs et blogueurs (comme BioloGeek), et a livré des premiers résultats généraux assez intéressants, indique SearchNewz :

  • 45 % des clics se font sur le premier résultat de recherche, le second ne totalisant déjà plus que 13 % des clics et ainsi de suite ;
  • Un fort pourcentage de requête ne porte pas sur un sujet, mais sur un nom de domaine ;
  • Le nombre de requête incomplètes ou mal orthographiées est très important ;
  • 28 % des requêtes sont une reformulation à la suite d’une première recherche infructueuse. En moyenne, les utilisateurs reformulent 2,6 fois leurs requêtes pour accéder à un meilleur résultat…

Pourtant l’essentiel n’était pas dans les résultats généraux.

Avant publication, le fichier avait été rendu anonyme : le nom des abonnés n’était pas visible et avait été remplacé par des numéros d’identification. Une anonymisation qui n’a pas servi à grand-chose : la liste des recherches associées à chaque identifiant a permis à de nombreux pisteurs de retrouver la trace d’internautes, d’identifier leurs numéros de sécurité sociale, leurs adresses parfois, jusqu’à leurs noms pour certains. En observant la seule liste des requêtes quotidiennes, sur plusieurs mois, il n’est souvent pas difficile de comprendre les préoccupations de l’internaute, d’imaginer son intimité, voire de retrouver son identité.

Les journalistes du New York Times sont par exemple parvenus à identifier l’utilisateur “4417749″, une veuve de 62 ans, grâce à la liste de ses requêtes (par exemple : “chien qui fait pipi partout”, “taxe foncière de Harrisburg, Virginie”, “solitude”, “Paranoïa”, “Thé pour une bonne santé”, etc.). Le grand jeu de l’été a ainsi consisté à pister les requêtes les plus étranges, faisant apparaître un formidable “tableau des intentions cachées”, comme le soulignent Google Blogoscoped et Chryde. Le Guardian évoque ainsi cet homme, qui a une passion pour le football portugais et vit dans une ville de Floride. Visiblement, il apprend que sa femme a une relation extraconjugale et les requêtes qu’il effectue sur son moteur décrivent l’évolution de sa relation : “Ma femme ne m’aime plus”. Il cherche à “interrompre son divorce” puis à prendre une “revanche sur sa femme” avant de regarder les propres symptômes de son malaise : “manque d’alcool”, “symptômes du manque d’alcool” (à 10 heures du matin) et “problème d’érection”. Le 1er avril, il chercha un médium local pour lui “prédire son futur”.

Autre exemple frappant ? L’utilisatrice 11110859 à New York qui, le 7 mars, a recherché des “fringues hip-hop”. Le 26, elle a cherché “perdre sa virginité” avant de s’interroger pendant plusieurs semaine pour savoir si on “pouvait tomber enceinte même après avoir eu ses règles”. Quelques temps plus tard, elle s’interroge à nouveau “pourquoi les gens font-ils mal aux autres ?” Le 19 mai, elle demande : “Comment aimer quelqu’un qui vous maltraite ?”, “Que dit Jésus à propos d’aimer ses ennemis ?” Ensuite, elle demandera encore “la direction de la prison de New York” avant de demander au moteur “quels objets a-t-on le droit d’y apporter ?”

On pourrait rapporter beaucoup d’autres histoires sur ces requêtes mises bout à bout. Un site, AOL Psycho, invite même les internautes à décrire collectivement les profils pour repérer les cas les plus “intéressants”, les plus emblématiques ou les plus dangereux, c’est selon. Ces tentatives de retracer des parcours individuels font froid dans le dos. Bien sûr, pour quelques séquences de recherche éclairantes, la plupart des autres s’avèreront sans doute impossibles à interprêter. Mais le “17556639″ voulait-il vraiment “tuer sa femme”, comme il l’a formulé à plusieurs reprises ?

Si quelques chercheurs ont exprimé des réserves éthiques a utiliser un tel fichier, comme l’indique l’International Herald Tribune, d’autres se sont félicités de disposer d’une telle ressource, qui est rarement accessible au commun des chercheurs. Reste que le scandale AOL pose de nombreuses questions laissées sans réponses et notamment sur le rôle et la fonction de l’anonymisation. Car on ne rend pas des données anonymes en masquant seulement le nom de leur utilisateur, comme semblaient le croire certains chercheurs d’AOL.

Les traces de nos requêtes que gardent les moteurs ne sont pas innocentes. Bien sûr, pour les moteurs, ces données servent à fournir des résultats plus pertinents, à personnaliser nos résultats de recherche en fonction de nos habitudes pour nous fournir un meilleur service. Sont-ce des raisons suffisantes pour qu’ils conservent indéfiniment des informations aussi sensibles ?

“Où est le pouvoir totalitaire ?”, s’interroge le Guardian, avant de répondre : le vrai pouvoir totalitaire ne repose peut-être pas tant sur la censure, que sur le fait de laisser les citoyens dire et chercher ce qu’ils veulent - et le garder en mémoire.

Il s’agit pourtant d’une question récurrente, à laquelle les réponses apportées ne sont jamais satisfaisantes. Quelle est la valeur réelle, dans le temps, des traces de connexion et de recherche ? Augmente-t-elle avec le temps et les progrès technologiques ? Comment anonymiser les données à l’origine ? Peut-on préserver leur valeur marchande tout en respectant l’intimité de chacun ? Ou se situe l’équilibre ? Faut-il adopter une mesure radicale comme celle que prône Jason Calcanis de Weblogs Inc., récemment rachetée par AOL, à savoir de ne plus garder aucune trace des requêtes effectuées ? Faut-il créer une autorité indépendante qui vérifie la destruction régulière de ce type de données, comme le suggère Bruno Giussani ? L’EFF (Electronic Frontier Foundation) appelle à une politique claire de conservation des données ; AOL pourrait rendre un grand service à la communauté en ligne en s’engageant à supprimer définitivement les données de requêtes et en poussant les autres entreprises à faire de même, affirme pour sa part Marc Rotenberg, directeur de l’Epic (Electronic Privacy Information Center).

Certes, Google par exemple affirme régulièrement que les données collectées ne seront divulguées nulle part, et qu’en aucun cas les gouvernements (même celui des États-Unis) n’obtiendraient leurs fichiers. Mais comme l’expliquent de nombreuses associations, le mieux serait peut-être que ces données n’existent pas.

Certes, des techniques qui nous permettent d’anonymiser nos données à la source (outils, moteurs “propres”, navigateurs) refont surface depuis l’incident AOL, dont certaines sont extrêmement simples. Mais les internautes ne changeront pas si facilement leurs habitudes, et l’on serait en droit d’attendre que les entreprises aillent au-devant de ces attentes. “Les moteurs de recherche doivent comprendre qu’ils disposent d’informations très sensibles, même si cela n’implique pas forcément des données personnellement identifiables“, rappelle Ari Schwartz, vice-président du Center for Democracy and Technology.

Assurément, le log - c’est-à-dire, le journal des connexions au serveur -, qui permet d’identifier l’internaute et de tracer l’historique de ses actions, est appelé a prendre de plus en plus d’importance, à mesure que nous utilisons l’internet pour accomplir de plus en plus de choses de la vie de tous les jours. Cette donnée a toujours été capitale pour tous les acteurs de l’internet. Mais il est peut-être temps en tout cas de s’interroger sur son sens, son risque, sa valeur, sa pérennité et sa volatilité. Si les gouvernements européens font aux fournisseurs d’accès obligation de conserver les données de connexion - mais pas les contenus des communications -, reste que les contenus de ces données doivent être éclaircies. Car une chose est sûre : si ces données existent, tôt ou tard, quelqu’un en abusera.

En attendant, manifestement, les moteurs de recherche continuent de jouer aux apprentis sorciers avec nos données.

Originellement par Hubert Guillaud chez InternetActu, le 7 Septembre 2006

Mouvement de marée informationnelle

Guy Vigneault août 23rd, 2006

J’évoquais justement ce matin la différence entre lire des journaux papier et sur le web.

Voilà que je lis dans le New York Times d’aujourd’hui (papier) (et voici le lien web) que le magazine Time planifie de déménager sa sortie hebdo du lundi au vendredi.

En anglais, on dirait “from week days to week end”. Pourquoi? pour attirer plus de lecteurs! Je crois qu’il y a là un signal à décoder

La suite par Martin Lessard chez Zero Seconde , le 22 Aout, 2006

Des nouvelles du vlogger emprisonné à San Francisco

Guy Vigneault août 10th, 2006

top_middle.gifUne semaine après son incarcération, la situation ne semble pas évoluer pour Joshua Wolf. Le quotidien San Francisco Chronicle a publié un éditorial demandant sa libération. Selon la mère de Josh Wolf, Liz Wolf-Spada, Judith Miller (ex-journaliste du New York Times, qui a passé quelques semaines en prison) est venue à San Francisco mais n’a pu lui rendre visite. Elle réagit à cette affaire (vidéo). Seul l’avocat de Josh Wolf et les membres de sa famille peuvent le voir.

Ce matin à 10 h (19 h Paris), Ross Mirkarimi, co-fondateur du parti des Verts américains (The Green Party), l’un des 11 élus du board of supervisors de la mairie de San Francisco, organise un “Public Hearing on the First Amendment and the jailing of Josh Wolf“. Le sujet continue bien sûr d’alimenter les conversations des 2 300 membres anglophones du groupe de discussion Videoblogging.

Originellement par Gilles Klein  chez pointblog.com le 10 Aout, 2006, 5:36am

Loose change, le film pas nouveau qui ne dérange pas l’Amérique

Guy Vigneault mars 21st, 2006

Carlo Revelli a fait la une d’AgoraVox avec un article sur un “nouveau documentaire” consacré au 11 septembre. Ce documentaire n’est pas nouveau, ne dérange pas l’Amérique (qui n’en parle pas) et est très critiqué dans les milieux qui cherchent à faire le jour sur les événements du 11 septembre.

La blogosphère française bruisse donc du “nouveau film qui dérange l’Amérique”, Loose Change, un documentaire réalisé par Dylan Avery, un jeune homme qui a fait tout ça en mai 2005 depuis sa chambre, avec un compaq à 1500$. Suite à des notifications par e-mail et à une reprise récente sur Radio Canada, Laurent Gloaguen reprend, Loïc Le Meur aussi, puis se rétracte, Carlo Revelli en fait la une d’Agoravox dans un article qu’il signe lui-même, et le mouvement est lancé. Voilà le nouveau document accablant sur le fait que le 11 septembre n’est pas ce qu’on nous a dit.

Le document est présenté par Carlo Revelli comme un très bon exemple de ce nouveau journalisme citoyen, de cette capacité de chacun à produire des documentaires vidéo de qualité avec un matériel très simple, et aussi, dans l’attitude, un bel exemple de cette volonté de livrer au citoyen les moyens de se faire une opinion par lui-même.

Je tiens à corriger deux ou trois choses, qui sont écrites par Carlo Revelli dans son article.

1. D’abord, il est totalement faux que “non seulement la blogosphère, mais aussi les grands médias et le monde politique s’enflamment suite à la diffusion impressionnante du deuxième volet du documentaire américain”. Le blogosphère n’en parle pour ainsi dire pas: les citations de ce documentaire sont ridiculement peu élevées, et les médias américains n’en parlent pas. Comparez par exemple les occurrences des citations de “Loose change”, “dylan avery” et le terme “9/11″ sur les blogs. Ce documentaire a par ailleurs fait l’objet d’une courte citation sur Fox News en décembre 2005 (il y a trois mois). Il n’est pas nouveau (il date de mai 2005).

Evidemment, on peut regretter (ou pas) qu’il ne fasse pas l’objet d’une discussion large, mais il vaut mieux éviter de dire que tout le monde en parle quand ce n’est pas le cas.

En outre, ce documentaire n’apporte absolument aucune nouveauté dans les “analyses indépendantes” (ou thèses conspirationnistes) post 11 septembre. Ces thèses sont depuis longtemps mises dans le domaine public. On peut en voir un bon résumé sur Wikipedia. Sa seule nouveauté, c’est la vidéo. Et c’est sûr que c’est plus choc que des pages de texte sur des sites Web.

2. Dylan Avery fait de la manipulation, avec des méthodes proches de celles de Thierry Meyssan, ici adaptées en vidéo. Il a très bien compris que le pronétaire, selon l’expression de Joël de Rosnay, que le citoyen connecté, en quelque sorte, cherche à se forger son opinion avec les moyens dont il dispose sur Internet, et qu’il est dans un mode actif de recherche d’informations, avec une culture de défiance par rapport aux mass media. Dès lors, l’ensemble du documentaire est ainsi monté: on distille le doute, on utilise le mode interrogatif, ou interronégatif, en permanence. Ce discours est d’ailleurs très proche de la rhétorique sarkozienne, du spin politique habituel: en posant une question, on fait croire qu’on laisse à l’auditeur le soin d’y répondre, en lui fournissant quelques éléments “d’information”, qui l’influencent sans qu’il s’en rende forcément compte.

3. Le documentaire n’est pas fait de manière rigoureuse, alors qu’il dit nous apporter de l’information pour nous plonger dans le doute. Il n’y a rien de contradictoire. Or, ici, non seulement Dylan Avery nous livre des informations très partielles, des théories fumeuses et fumantes fondées sur l’observation de vidéos du drame accessibles à tous, mais il nous donne sciemment ces informations partielles et des démonstrations non vérifiées en nous faisant croire que ce sont des évidences. Il nous place dans la position d’experts. Il ne cesse de citer des nombres (tonnes de béton, de métal, vitesses, volumes, nombre de personnes, etc.) pour nous montrer le sérieux de son propos. Mais ces chiffres ne correspondent pas à des éléments qui nous permettent de saisir effectivement la totalité de l’information.

La suite chez Agoravox, le 21 Mars 2006

11 septembre 2001 : le nouveau film qui dérange l’Amérique

Guy Vigneault mars 21st, 2006

On a peine le croire: un jeune réalisateur de 22 ans, Dylan Avery, a été l’invité de Fox News, la chaîne TV pro-Bush, pour présenter son film contestant la version officielle fournie par la Maison Blanche sur les attentats du 11 septembre 2001.
Septembre

Dylan Avery va beaucoup plus loin que Michael Moore. Presque cinq ans après les attentats qui ont le plus influencé les rapports internationaux dans l’après-guerre, les critiques sur le manque de transparence de l’administration américaine semblent retrouver un second souffle grâce la réactivité des blogs, des vidéo-blogs (ou vlogs), et surtout l’effort constant des familles de victimes, de jeunes journalistes, de professeurs d’université ou d’hommes et de femmes politiques téméraires.

Depuis quelques jours en effet, non seulement la blogosphère, mais aussi les grands médias et le monde politique s’enflamment suite la diffusion impressionnante du deuxième volet du documentaire américain Loose Change sur les attentats du 11 septembre (diffusion assurée au début via des réseaux P2P, notamment Emule et ensuite par les sites de diffusion de vidéo comme Google Video et Daily Motion). Comme je l’ai décrit dans un article récent, avec l’explosion du phénomène de la vidéo sur Internet, «nous allons voir apparaître prochainement une nouvelle catégorie de vidéo-blogueurs que l’on pourrait appeler les ’activistes’ ou, si on veut enlever toute connotation politique, les ’témoins citoyens’. Il s’agit de tous ceux qui auront décidé de témoigner de certains dysfonctionnements graves de notre société en les filmant». Bref, une vidéo-surveillance l’envers est en train de voir le jour, non plus du haut vers le bas mais du bas vers le haut. Jusqu’ maintenant la vidéo-surveillance permettait aux hommes politiques de surveiller les dérives potentielles de leurs citoyens. La «vlog surveillance» permettra de faire l’inverse comme l’a très bien compris un niveau local Christophe Grebert, le «Putéolien qui a décidé de l’ouvrir».

Cela dit, il est évident que ce processus n’est pas sans risques, et les dérives potentielles sont importantes notamment vers la désinformation, ne serait-ce qu’en raison de la facilité pour tout un chacun de manipuler des images ou des vidéos. Néanmoins, ce phénomène est inéluctable et c’est nous de trouver les garde-fous nécessaires pour minimiser ces dangers. C’est pourquoi il faut prendre le temps de regarder ce film jusqu’au bout pour se faire son opinion.

Ainsi, dans le cas de ces nouvelles vidéos qui circulent sur plusieurs médias et blogs anglophones et désormais aussi sur certains sites francophones (AtMoh, Nuesblog, etc.), force est de constater qu’un véritable travail d’enquête a été mené par les réalisateurs. Leur méthode est simple, factuelle et se base exclusivement sur les bandes vidéos des grandes chaînes, les témoignages qui ont été filmés l’époque, les différentes enquêtes mises en place. A la différence de Michael Moore, qui enrichissait ses films charge partir d’une vision préconçue, les réalisateurs de Loose Change nous donnent des instruments pour forger notre propre opinion.

Et comme le dit le célèbre journaliste de Radio-Canada, Bruno Guglielminetti il s’agit l «d’un documentaire troublant, qui ébranle les théories bien établies concernant les événements du 11 septembre. J’ai rarement vu un reportage aussi bien documenté sur le sujet et surtout, avec autant de reconstitution. (…) Un documentaire voir absolument!»

La suite chez AgoraVox, le 21 Mars 2006

A lire et a voir absolument

DOCUMENTS VIDEOS:

1ere photo - La première édition de «Loose Change» sous-titrée en français et réalisée en mai 2005


LooseChange ST VF
Vido envoye par atmoh


2e photo - La deuxième édition améliorée et enrichie de «Loose Change» sous-titrée en français et réalisée en février 2006 (version la plus complète et récente)
Cliquez sur la photo pour visionner le film (durée 1H27)


Loose Change 2d Edition ST VF
Vido envoye par atmoh

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