Archive for the 'Cool Blog' Category

Le blogueur influent ou l’homme à abattre vu des médias pro du Net en France

Guy Vigneault juillet 20th, 2008

Article publié originellement chez Mario tout de Go, le 8 Juillet, 2008

La blogosphère de plusieurs internautes Français est secouée depuis quelques semaines par la montée de tensions entre certains journalistes et blogueurs. Au coeur des conflits, ce statut de «blogueur influent» qui n’a pas son équivalent au Québec ou même aux États-Unis. Cette nuit, les secousses ont même porté Nicolas Vanbremeersch (auteur/éditeur du blogue Versac) à fermer son blogue:

«La bulle médiatique autour des blogs a engendré une sorte de monstre, qui est une invention stupide, le blogueurinfluent. L’attention des media[sic], qui a eu besoin de symboles, s’est cristallisée autour de ce blog, comme un symbole du blog politique.»
(Ajout: Lire l’article du Figaro)

Déjà en juillet 2007, Fred Cavazza prétendait ne pas se considérer «un bloggeur influent» et dernièrement, il exigeait de sortir d’un classement qui lui «apporte plus de désagrément que d’avantages». Dans une répartie dont lui seul en a le secret, Maître Éolas (il est avocat) nous éclaire sur le geste de Versac et sur ce poids qu’est en train de devenir ce statut de blogueur influent:

«Je comprends donc le ras-le-bol de Versac Nicolas Vanbremeersch de cette étiquette que les médias nous imposent (c’est je crois Le Monde qui a inventé le terme de blogueur influent, nous qualifiant de leaders d’opinions), qui nous paraît inexacte et imméritée, et entraîne du coup des sarcasmes sur notre statut d’aristocratie : que ce soit les Barons, la blogoboule, ou je ne sais pas quoi, quand ce ne sont pas des accusations de tricherie pour être bien classé ici ou là. Bref, nous voilà taxés d’être quelque chose, attaqués voire insultés pour être ce quelque chose alors qu’on n’a rien demandé (le summum étant d’être traité de baron auto-proclamé…), avant d’être accusé d’avoir triché pour accéder à ce quelque chose.»

Il devient de plus en plus clair que certains journalistes Français ont entrepris de mettre beaucoup de pression sur quelques blogueurs qui ont une certaine influence (trop?). La lecture de cet article de Guy Birenbaum sur «LePost.fr» (Filiale de «Le Monde interactif») nous donne une idée du ton des échanges… La date de publication et le contenu me font croire que le texte vient en réaction aux propos de Laurent Gloaguen, chez Embruns (1, 2) qui réprouvait la décision de Rue89 de diffuser un extrait vidéo du Président Sarkozy se préparant à une entrevue-télé. Un extrait de la déclaration du journaliste Birenbaum:

«Je veux parler de ceux qui se sont installés, ou que l’on a désigné, à partir de mesures fantaisistes (soyons charitables et n’en disons pas davantage) comme des Blogueurs Zinfluents. Ce sont les meneurs de la blogosphère. Ses caïds. Ses Barons, comme ils disent… Ou disaient.»

La réaction de Laurent est dans le plus pur style du Capitaine: «J’aime Guy Birenbaum»!

N’en demeure pas moins que les journalistes en prennent plein la tête sur plusieurs blogues et il est plutôt paradoxal de constater que l’invention de l’expression «blogueurinfluent» viendrait des médias eux-mêmes. Le dernier épisode impliquant Versac découle directement d’une polémique entretenue par Jean-Marc Morandini (un journaliste grand public) entre certains blogueurs et un chroniqueur politique de RTL et Canal + (Jean Michel Aphatie). Encore ici, il faut apprécier le ton d’un billet récent dans lequel le blogueur/journaliste Morandini ne fait que publier des réparties de Versac et de Aphatie pour les monter l’un contre l’autre. Il y a près de 200 commentaires au bas du billet et certains témoignent du succès de l’entreprise d’un média pour mettre de la pression sur des blogueurs (auteur: cet internaute).

«Journalistes et blogueurs même combat: ego démesuré et incompétence affirmée. Du moins chez les blogueurs qui cherchent à se substituer aux journalistes. Messieurs les blogueurs, parlez nous[sic] du temps et des petites abeilles, vous nous ferez l’économie d’heures de lectures totalement inutiles.»

Les journalistes Français jouent maintenant sur le «territoire» des blogueurs Français (territoire qu’ils jugent enviable parce que probablement influent) à qui ils semblent livrer une sorte de guerre, à savoir, qui aura le plus d’influence que l’autre sur l’opinion à se faire d’un(e) politique.

Annonce d’un phénomène qui nous gagnera au Québec? Trait culturel spécifiquement franco-français? Variante d’un phénomène aux États-Unis où quelques blogues sont devenus des incontournables sources d’influence (davantage que les blogueurs, je dirais)?

Est-ce que cet article d’Antoine Robitaille de samedi dernier où il associe «blogueurs droitistes» et «Révolte contre Dumont parmi la droite de l’ADQ» est issu de ce courant de pensée?

Pour le moment, c’est passionnant à observer…

Mise à jour de fin de soirée: Réaction de Fred Cavazza qui constate dans la foulée de ces événements que «la professionnalisation des pratiques de blog est en train de profondément modifier le paysage de la blogosphère». Varvic affirme que tous ces influents «font bel et bien depuis longtemps sur leurs blogs… du journalisme» et pendant ce temps, Laurent attise le feu de «la guerre». Chez «20 minutes.fr», un article cite plusieurs des protagonistes ci-haut mentionnés dont Guy Birenbaum qui finit par dire «c’est nombril contre nombril», en s’incluant, bien entendu!

Mise à jour de mercredi soir: Deux autres articles à lire puisque «l’histoire» fait encore écrire… «Versac vs Apathie, journaliste vs blogeurs : une lutte de territoire» et «Journalistes contre blogueurs : la guerre de la toile».

Skyrock.com est à vendre !

Guy Vigneault avril 14th, 2008

Le réseau Skyrock (ex Skyblog) est à vendre ! La plateforme aux 15 millions de blogs est sur le point d’être mise sur le marché.

Lancé en 2002, Skyrock.com est très rapidement devenu un immense succès, doublé d’un phénomène de société. La plateforme a déjà été rachetée une première fois en 2006, par le fond d’investissement Axa Private Equities. Désormais, il est question de la revendre. Mise à prix : 300 millions d’euros.

La suite chez Infos-du-Net, le 8 Avril, 2008

Landing Page …

Guy Vigneault mars 18th, 2008

Article publié originellement chez Emob.fr, le 13 Mars, 2008

Wilfried vient de mettre en place un système de « landing page » sur ce blog. Cela n’a l’air rien comme ça, mais à la lecture de cet article, vous verrez que ces pages d’atterrissages, peuvent se révéler être terriblement efficaces

Qu’est ce qu’une Landing Page?

Il s’agit d’une page spécifique qui apparaît sur un site lorsqu’un client potentiel provient d’une une publicité (type Adwords) ou d’un lien issu d’une page de résultats d’un moteur de recherche (type Google). Cette page affichera en général un contenu personnalisé, en rapport à celui de la publicité ou du lien cliqué.

Il existe deux types de page d’atterrissage :

  • Les pages de référence : page qui va présenter une information appropriée à ce que recherche le visiteur (comme une liste d’articles en rapport avec sa requête initiale)
  • Les pages transactionnelles : une page qui invite l’utilisateur à une action précise (remplir un formulaire, acheter un de vos produits) et à remplir un objectif de conversion.

Envie, de voir ce que cela donne? Essayer cette requête : « serious game emob » dans google. Puis, cliquez sur le premier lien:

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Pourquoi la landing page est apparue ?

Comme l’explique Fred Cavazza, la page d’accueil d’un site internet représentait jusque là son unique point d’entrée. Aujourd’hui, les choses ont bien évolué et les algorithmes des moteurs de recherche ont multiplié les portes d’entrée d’un site. Si l’on prend l’exemple d’un blog, chacun de vos billets représentent un point d’entrée distinct. Hors, dans la majorité des cas, aucun effort n’est mis en place pour accueillir le visiteur, qui vient certainement pour la première fois vous lire. La landing page s’affiche comme étant un excellent moyen de lui souhaiter la bienvenue et de le diriger vers ce qui est susceptible de l’intéresser.

Mieux, la landing page peut guider le nouveau visiteur à effectuer une action. Sur un blog, cela consistera à l’amener à s’abonner à votre flux RSS ou à votre newsletter, sur une boutique, à remplir tout simplement son panier.

Quelles sont les grandes règles à respecter ?

  • Définissez en amont l’objectif de conversion que vous souhaitez obtenir (inscription, achat, lecture…). Le design et le message de votre page d’atterrissage seront différents selon la nature de la conversion désirée.
  • Définissez un profil type de vos visiteurs. Evitez de construire une page qui s’adresse à “monsieur tout le monde”. Adoptez un ton qui correspond à vos clients.
  • Allez à l’essentiel. Votre nouveau visiteur vient de cliquer sur un Adwords ou provient de Google : il recherche quelque chose de précis, il s’attend à une réponse (pas à une présentation détaillée de votre activité, ni de l’historique de votre société)
  • Optez pour un « call to action » clair : le visiteur doit s’avoir quoi faire très rapidement. Mettez par exemple les boutons d’action graphiquement en valeur.
  • Retirez dans la mesure du possible (et selon les cas) les éléments de navigation. Cela ne tentera pas l’utilisateur d’aller surfer sur les autres pages. Il sera ainsi focalisé sur l’action que vous souhaitez lui imposer.
  • Dans le cas d’une campagne publicitaire, faites en sorte que le ton et l’apparence de votre publicité correspondent à celle de votre landing page, afin de ne pas déboussoler votre visiteur.
  • Faites gaffe à l’orthographe et la grammaire. Bon là, j’admets, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, mais je fais des efforts quotidiens sur ce point ::. Bref, la première impression est importante, alors soyez vigilants.
  • Renforcez votre crédibilité : témoignages, revue de presse, partenaires, contacts et coordonnées visibles, faites en sorte que dès le premier coup d’œil, le visiteur soit mis en confiance et soit rassuré.
  • Tester encore et encore vos pages. Est-ce que votre message correspond à celui de vos Adwords ? Est-ce que l’ergonomie de votre landing page est la bonne ? Il n’y a qu’un moyen de le savoir : tester et analyser (pour les outils, voir plus bas dans l’article…

Heu, les landing pages, ça marche vraiment ?

A priori, oui ! Selon Synodiance, l’optimisation des pages d’atterrissages peuvent amener dans certains cas à une augmentation de 5 à 20% du taux de transformation. 8-O

A en croire Henry, ça fonctionne aussi chez lui, notamment sur la durée de visite (quand on sait que Google prend en compte ce paramètre, ça devient intéressant) et le nombre de pages vues.

Ok, moi aussi je veux des landing pages sur mon site/blog :

  • Si vous êtes sous Wordpress : bonne nouvelle, il existe un plugin tout fait.
  • Si vous êtes sous Dotclear : faites comme nous, débrouillez-vous ;-( ! A ma connaissance il n’y a pas de plugin existant, mais une adaptation de celui de Wordpress doit être envisageable.
  • Pour les autres, munissez vous d’un gentil développeur, et demandez lui poliment, il se fera un plaisir de vous programmer tout ça.

Ensuite, pour tester l’efficacité de vos landing pages. Plusieurs outils existent. Crazy Egg et Clik Density vous permettront de réaliser du « mouse tracking » et ainsi connaître avec précision les zones chaudes de votre page.

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exemple de résultats obtenus avec Crazy Egg
Mais l’outil le plus efficace, selon moi, reste l’Optimiseur de site de Google. Disponible si vous avez un compte Adwords, ce dernier vous permettra de tester en même temps plusieurs versions de vos landing pages. Google affichera aléatoirement telle ou telle version et vous fera un retour détaillé du taux de transformation mais également du pourcentage concernant la « chance de battre l’originale », comprenez la chance qu’une des versions de landing page soit plus efficace que celle par défaut. Un must !

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Exemple de rapport de l’optimisateur de site de Google

Voilà, il ne vous reste plus qu’à mettre tout ça en place chez vous, et à analyser les retours. Personnellement, c’est une fonctionnalité listée dans la V2 de la boutique. Elle sera mise en place prochainement. En attendant, je vais observer les résultats du blog de très près. ;-)

ps: si vous souhaitez rajouter quelque chose à cet article, n’hésitez pas, laissez un commentaire!

La gratuité est-elle l’avenir de l’économie ?

Guy Vigneault mars 13th, 2008

Article publié originellement chez InternetActu, le 10 Mars, 2008

La gratuité est l’avenir de l’économie clame Chris Anderson (blog) qui prépare dans cet article pour la revue Wired, dont il est rédacteur en chef, son prochain livre intitulé Free. Chris Anderson rappelle tout d’abord que la gratuité s’inscrit dans un processus commercial classique, comme l’a exploré avec succès Gillette, en offrant ses rasoirs et en faisant payer ses lames. Mais avec l’internet, une nouvelle gratuité s’est développée, fondée sur des coûts de reproduction nuls du fait de la numérisation, et sous la pléthore de l’offre qui tire encore plus les prix vers le zéro absolu. Un peu comme si Gillette devait maintenant offrir le rasoir et la lame et percevoir son argent sur autre chose. “Il n’y a jamais eu un marché plus concurrentiel que l’internet, et chaque jour le coût marginal de l’information devient plus proche de rien du tout”, explique le brillant éditorialiste.

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La gratuité est inexorable

Selon lui, la gratuité est inexorable : “La constante diminution des coûts de production de l’économie numérique incitera bientôt la plupart des entreprises à donner la majorité de leurs produits”. La distribution gratuite est une nouvelle forme d’économie, explique-t-il. Les choses autour de nous deviennent chaque jour moins coûteuses : grâce à la Chine et l’approvisionnement mondial, on peut obtenir un tee-shirt pour le prix d’une tasse de café. Et cette tendance est encore plus forte dans le monde de l’immatériel. Des albums aux jeux, en passant par les logiciels de Google, tout est gratuit sur l’internet. La montée de cette économie de la gratuité est tirée par les technologies qui font marcher le web. La fameuse “loi de Moore“, qui prédit que la densité des transistors sur un microprocesseur double tous les 18 mois (ou les 2 ans, c’est selon), s’appliquerait également à la bande passante ou au stockage, dont le coût à capacité égale se réduit sans cesse. Le coût du business en ligne tend chaque jour à se rapprocher de zéro : ou plus précisément “le coût marginal de la technologie dans les unités que les individus consomment est proche de zéro”, comme le montre l’évolution du coût du webmail.
Selon lui, le fossé psychologique entre “le presque zéro” et “le zéro” a sauté et il va être impossible de revenir en arrière. C’est la raison pour laquelle le micropaiement a échoué.

Anderson tire une conclusion en forme de leitmotiv et qui pourrait sonner comme une alarme à destination des industries culturelles : “Il est désormais clair que tout ce que le numérique touche évolue vers la gratuité (…) D’une certaine manière, le web étend le modèle économique des médias à toutes sortes d’autres secteurs économiques.” Il resterait juste à savoir quand cela arrivera à chaque secteur.

6 grands modes de financement de la gratuité

Après avoir dressé ce constat encore confus et insuffisamment documenté - qui reste tout de même plus dans le registre de l’intuition que de la démonstration scientifique -, Anderson dresse alors une plus intéressante taxinomie de la gratuité [voire aussi celle que propose les chercheurs du laboratoire Sense d’Orange], afin de dépasser le seul modèle publicitaire :

  • le modèle fremium : une version gratuite grand public couplée à une version payante, plus chère et plus évoluée pour un marché de niche, comme Flickr et les 25 dollars annuels de la version Pro. C’est le modèle de l’échantillon gratuit, si ce n’est que dans le numérique, une personne qui paye permet à des milliers d’autres d’avoir une version gratuite.
  • le modèle publicitaire.
  • les “subventions croisées”, c’est-à-dire l’offre gratuite d’un produit pour vous inciter à en acheter un autre, comme quand on vous donne un téléphone en échange d’un abonnement.
  • le coût marginal nul : c’est-à-dire quand il est plus simple d’offrir que de faire payer, comme le constate sans doute le monde de la musique (en espérant bien sûr faire payer autre chose).
  • l’échange de travail : vous accédez gratuitement à un service en échange d’un acte d’utilisation qui crée de la valeur (en améliorant le service ou en créant des informations qui peuvent être utiles ailleurs : c’est le principe des votes sur Digg, de Recaptcha…)
  • l’économie du don : l’argent n’est pas la seule motivation. De Freecycle à Wikipédia, l’altruisme, l’économie du partage, montrent qu’il y a peut-être d’autres façons de créer de la valeur.

L’argent n’est pas la seule rareté dans cette économie d’abondance, suggère Anderson. Votre temps, votre réputation le sont aussi : “Le monde du gratuit a pour objet de capter ces nouvelles raretés, au nom d’un modèle d’affaires qui sera identifié par la suite.” Nous entrons dans une ère où la gratuité sera considérée comme la norme et non pas comme une anomalie, conclut Anderson.

En 1954, à l’aube de l’énergie nucléaire, Lewis Strauss, chef de la Commission de l’énergie atomique, avait promis que nous entrions dans une époque où l’électricité serait “trop bon marché pour qu’il vaille la peine de la compter” (too cheap to meter). Inutile d’expliquer que cela ne s’est pas produit, essentiellement parce que la tension énergétique, le développement et les risques liés à l’énergie nucléaire a fortement augmenté les coûts. “Mais s’il avait eu raison ? Que se serait-il passé si l’électricité était en fait devenue pratiquement gratuite ? La réponse est que tout ce que l’électricité a touché - c’est-à-dire à peu près tout - aurait été transformé. Plutôt que d’équilibrer l’électricité par rapport aux autres sources d’énergie, nous aurions recours à l’électricité pour le plus grand nombre de choses que nous pourrions - nous la gaspillerions, puisqu’elle ne vaudrait pas assez pour qu’on s’en préoccupe.”

“Aujourd’hui, ce sont les technologie s numériques, pas l’électricité, qui sont devenues bon marché pour qu’on les facture à l’usage. Il a fallu des décennies pour se débarrasser de l’idée que l’informatique n’était destiné qu’à un petit nombre d’utilisateurs, et nous sommes seulement en train de commencer à libérer la bande passante et le stockage de la même pauvreté de l’imagination.”

Malgré le côté stimulant de l’analyse, la démonstration ne nous semble pas si concluante que ça. L’analogie avec l’électricité expliquerait le développement d’une facturation au forfait, pas nécessairement la gratuité. Un coût marginal (coût de reproduction par exemple) nul ne signifie pas que la production (d’un morceau de musique, par exemple) ne coûte rien. Il y a bien toute une économie qui se fonde sur la gratuité de quelque chose à une étape de la chaîne de consommation, mais peut-on en faire un modèle général ?

8 valeurs génératives pour dépasser le gratuit

Force est de constater que pour l’instant, sur le même sujet, Kevin Kelly, l’ex-rédacteur en chef de Wired, est plus clair. Après nous avoir expliqué il y a quelques mois que la technologie tend à devenir gratuite, avec un nouvel article intitulé mieux que le gratuit (voir la traduction en français), il explique lui aussi que l’internet est une machine à copier. “Même un chien sait qu’on ne peut plus rien effacer une fois qu’un os a été lancé sur l’internet”. Ce super système de distribution est en train de devenir la fondation de notre économie et de notre puissance, alors que jusqu’à présent, elles étaient fondées par la vente précieuse de chacune de ces copies. Si la reproduction de nos meilleurs efforts devient gratuite, comment allons-nous continuer ? Comment peut-on faire de l’argent en vendant des copies gratuites ?

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“Quand la copie se généralise, vous avez besoin de vendre des choses qui ne peuvent pas être copiées”, clame Kevin Kelly. Il y a plein de qualités qui ne peuvent pas être copiées, explique-t-il : la confiance par exemple. La confiance ne peut pas être téléchargée ou contrefaite (enfin, pas pour longtemps). Toutes choses égales par ailleurs, vous préférerez toujours faire affaire avec quelqu’un de confiance. La confiance est donc un élément intangible qui a une valeur croissante dans un monde saturé. Il a plein d’autres qualités similaires à la confiance qui sont difficiles à copier et qui prennent de la valeur dans cette économie en réseau. Pour mieux les comprendre, Kevin Kelly se place dans la peau d’un utilisateur se demandant pourquoi il payerait pour quelque chose qu’il peut avoir gratuitement. Et de distinguer 8 valeurs “génératives” qui sont mieux que le gratuit. Des valeurs qui ne peuvent pas être copiées, clonées, répliquées, contrefaites ou reproduites… mais qui sont relatives et qui s’adaptent au produit et au public.

  • L’immédiateté. Avoir une copie au moment où elle est mise en vente ou produite, immédiatement, sans avoir à l’attendre. Beaucoup de gens paient pour aller au cinéma voir un film alors qu’il leur suffit d’attendre pour en avoir, quelques mois plus tard, une copie à prix réduit, voire un accès gratuit ou quasi gratuit en le téléchargeant. La perception du temps étant relative, cette immédiateté peut s’adapter au produit et au public.
  • La personnalisation. L’aspirine est presque gratuite, mais l’aspirine adaptée à votre ADN est très coûteuse. Bien sûr, la personnalisation requiert une communication constante entre le créateur et le consommateur, l’artiste et ses fans, le producteur et l’utilisateur. C’est très génératif car c’est itératif et ça prend du temps. Vous ne pouvez pas copier la personnalisation issue d’une relation.
  • L’interprétation. Comme aujourd’hui le manuel d’un logiciel libre est payant, demain la copie de votre séquence génétique sera gratuite, mais l’interprétation de ce qu’elle signifie, ce que vous pouvez faire avec, et comment l’utiliser - le manuel de vos gènes finalement - sera coûteux.
  • L’authenticité. Pour avoir une version fiable, certifiée, authentique et qui fonctionne.
  • L’accessibilité. Garder ses copies par-devers soi n’est pas facile. Demain nous paierons des entrepôts pour nous donner accès à des morceaux de musiques quand et où nous le souhaitons.
  • L’incarnation. Pour profiter d’une copie en haute résolution, pour avoir accès à un support, à une performance… L’incarnation de ce que nos copies dématérialisent n’est pas gratuite.
  • Le mécénat. “Je suis convaincu que l’audience souhaite payer les créateurs. Les fans veulent récompenser les artistes, musiciens, auteurs et autres à la hauteur de leur appréciation car ça leur permet de maintenir un lien. Mais ils ne vont payer que si c’est très facile à faire, d’un montant raisonnable et en étant sûr que l’argent ira directement aux créateurs. L’expérience récente très médiatisée de Radiohead laissant les fans payer ce qu’ils souhaitent pour une copie gratuite est une excellente illustration de la puissance du mécénat. Le lien immatériel et insaisissable entre ce que les fans apprécient et l’artiste vaut quelque chose.”
  • La trouvabilité. C’est-à-dire la capacité à rendre visible une copie, une oeuvre… Dans un océan de données, nous paierons pour les outils où les personnes qui vont rendre visible ou trouvable ce que l’on cherche. Les éditeurs, critiques, labels ont encore un rôle à jouer.

“Ces 8 valeurs génératives demandent une compréhension de la façon dont l’abondance engendre un nouvel état d’esprit”, conclut Kevin Kelly, qui a volontairement écarté la publicité de sa liste. Certainement parce qu’il ne considère par la publicité comme une valeur, ou plutôt parce que ces valeurs permettent également d’ajouter de la valeur au modèle publicitaire. Des valeurs dont il faudrait certainement mieux mesurer les limites (l’accessibilité par exemple, dans un monde où tout est connecté et dupliqué est-elle vraiment une valeur et jusqu’à quelle limite ?). Mieux que les généralisations d’Anderson, ces pistes nous permettent en tout cas d’y voir plus clair et de mieux comprendre comment demain, il nous faudra donner pour vendre.

PS : Le travail réalisé par la Fing sur la musique, présenté en avril 2007, aboutit à des conclusions très proches de celles de Kevin Kelly. En décrivant plusieurs dizaines de modèles d’affaires expérimentés sur ce marché, il prolonge l’analyse en s’interrogeant sur la manière dont ces nouvelles formes de génération et de circulation de la valeur déplacent également le pouvoir d’une catégorie d’intermédiaires - par exemple les producteurs - vers une autre - par exemple les portails et les “sites sociaux”.

Vers un InternetActu.net plus participatif

Guy Vigneault mars 7th, 2008

Article publié originellement chez InternetActu, le 7 Mars, 2008

internetactunouveaulogo2.jpgLa mue a été longue, mais nous sommes heureux de vous présenter un nouvel InternetActu.net, qui outre un graphisme revisité (merci à Laurent Rollin) et un serveur boosté (merci à Amaury Balmer) vous propose de nombreuses nouvelles fonctionnalités : comme la possibilité, en bas de chaque article, de le noter ou de le partager sur la plate-forme de votre choix ; d’avoir un meilleur regard sur les articles les plus lus, les mieux notés ou vers lesquels d’autres sites ont établi un lien. A nos rubricages habituels, nous avons ajouté des “tags” pour renforcer et renouveler l’impulsion de nos thématiques imaginées maintenant il y a plus de 5 ans.

Espérons que ces petites commodités vous rendront les mêmes services qu’à nous et permettront d’amplifier nos interactions.

Car c’est celles-ci que nous souhaitons continuer à développer.

Cette mise à jour est l’occasion de rappeler qu’InternetActu n’est pas seulement un blog (depuis septembre 2003), lu quotidiennement par quelques 10 000 abonnés via RSS et autant via sa lettre d’information hebdomadaire, rédigé par une petite équipe de journalistes, dont les contenus sont disponibles sous licence Creative Commons, mais de plus en plus un ensemble d’outils que nous utilisons au quotidien et que nous vous invitons à partager avec nous :

- L’agenda des TIC (RSS, iCal, html) : un agenda sous Google Agenda pour référencer les évènements TIC en France et à l’étranger. Nous avons voulu un agenda radicalement nouveau, qui se prête certes encore mal à l’affichage en ligne (mesdames et messieurs de Google, si vous nous entendez), mais qui permette d’alimenter directement et facilement vos propres agenda. Nous sommes à la recherche de bonnes volontés pour nous aider à le maintenir afin qu’il soit le plus complet possible, selon quelques règles éditoriales simples à mettre en oeuvre et à partager. Si vous souhaitez nous y aider, n’hésitez pas à nous contacter !

- La veille partagée. Depuis plus d’un an nous alimentons un fil de veille sur Delicious (RSS) de billets puisés dans l’actualité provenant d’autres sites d’actualité que le notre. Un autre moyen pour nous de vous signaler (via le tag “internetactu“) des tribunes, des signaux faibles, des informations très bien traitées par d’autres médias ou blogs. Là encore, vous êtes invités à participer, à nous signaler des articles, des informations qui paraissent devoir intéresser la rédaction ou nos lecteurs (des innovations, des réflexions, des débats, des traductions…). Signalons d’ailleurs que tous les programmes d’action de la Fing proposent à ceux que leurs sujets intéressent d’alimenter un fil de veille commun avec leur étiquette spécifique : “villes2.0” (RSS), “identitesactives” (RSS), “pluslonguelavie” (RSS)…

Sachez encore que nous avons ouvert :

Rappelez-vous enfin que nous souhaitons continuer à accueillir des tribunes extérieures, des réflexions argumentées sur l’avenir des technologies et de leurs usages, des points de vues, des traductions d’articles importants pour alimenter nos réflexions…

Au travers de ces changements InternetActu entend conforter sa ligne éditoriale, qui vise à vous aider à faire sens de l’innovation numérique et à anticiper l’avenir. Afin de pérenniser son indépendance, InternetActu.net est toujours à la recherche de partenariats qui trouveront intérêt à se nourrir de cette réflexion et participeront à sa diffusion.

Vous êtes les bienvenus !

Hubert Guillaud, rédacteur en chef, hg[at]fing.org

Technorati va lancer un réseau plublicitaire pour blogs

Guy Vigneault mars 6th, 2008

Article publié originellement chez Techcrunch, le 1 Mars, 2008

technoratilogo1.jpgDiverses sources nous confirment que Technorati prépare un changement de stratégie.

D’abord Technorati tente de boucler un nouveau tour de table, leur dernier datant de Juin 2006 pour $10,5 millions. La société a levé au total $20 millions et compte tenu de la présence de 25 employés, le temps est venu pour un nouveau financement. Mais nous avons aussi entendu qu’ils ont engagé Montgomery & Co., afin de chercher d’éventuels acheteurs.

Mais ce qui est intéressant ceux sont les nouvelles perspectives concernant le produit lui-même. Technorati, sous la direction du nouveau CEO Richard Jalichandra, a décidé de se concentrer davantage sur son audience “blogging”.

Ce changement annonce un tournant: faire de Technorati un réseau de publicité pour blogs.

Les réseaux publicitaires sont très populaires; Glam a récemment levé $85 millions, passant d’une petite entreprise web orientée vers un public féminin à une plateforme publicitaire. FM Publishing, de John Batellem, un réseau publicitaire orienté autour des blogs technologiques a engagé, il y a peu, la banque Savvian afin d’aider à une nouvelle levée de fonds après avoir refusé une offre de rachat de $100 millions.

Technorati sera sans doute en concurrence directe avec FM. Le réseau sera une place d’échange pour bloggers, éditeurs et publicitaires. Les encarts publicitaires incluront des publicités visuelles et textes et seront rémunérés en CPM et CPC. Un service qui s’apparente assez à Adbrite.

Les tags Technorati , bien connus des bloggers, seront un moyen efficace, pour permettre à Technorati de cibler la publicité.

Est-ce une bonne stratégie? Comme nous l’avons souvent exprimé, les réseaux publicitaires souffrent de l’inconstance des clients. Glam offre à ses partenaires des revenus garantis en fonction des pages lues ( et a perdu $3,7 millions l’année dernière sur $21 millions de revenus). FM ne garantit rien mais a perdu un partenaire de choix en la personne de Digg. D’autres, comme nous, ont simplement vendu de la publicité directement tout en continuant de travailler avec FM. Avec l’entrée de Technorati dans le domaine c’est une nouvelle option qui s’offre à tous les bloggers.

Hors propos

Guy Vigneault février 16th, 2008

Il est très rare que je publie un article complètement hors sujet sur ce blogue. Je fais exception aujourd’hui, j’ai vue sur le blogue The Best Articles Every Day, un article qui nous présente 40 photos retouchées avec Photoshop. Je vous les présente ici:

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Dominic Arpin : Le patrouilleur du net

Guy Vigneault février 12th, 2008

Article publié originellement chez Zero Seconde, le 6 Février, 2008

arpin.png“Ladies and gentleman, Dominic Arpin hasn’t left the building!” De retour après une pause de quelques mois, il reblogue a nouveau sur son carnet tout neuf. Il devient “Le patrouilleur du net“.

Dominic “l’Arpingleur”, le cow-boy qui “lemeurise” tout ce qui blogue plus vite que son atom. Un blogue sain dans un corps sain, telle est sa devise.

Je crois que la moindre des choses que l’on peut s’attendre d’un patrouilleur du net c’est qu’il distribue des billets! Nous voilà ravis! Juste à temps pour le Yulblog de ce soir!

Un nouveau site pour les Yulbiz

Guy Vigneault février 8th, 2008

Article publié originellement chez Fred Cavazza, le 31 Janvier, 2008

Après plusieurs années d’existence outre-Atlantique, les Yulbiz se dotent enfin d’un site digne de ce nom : Yulbiz.org.

logo_yulbiz.gif

Un grand bravo aux initiateurs et inconditionnels de ces rencontres entre blogueurs d’affaires : Michel Leblanc, Philippe Martin, Claude Malaison… Pour l’annonce “officielle” c’est ici : Yulbiz.org et montreal.yubiz.org sont en ligne.

Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, je vous annonce également la déclinaison “locale” de ce site : Paris.Yulbiz.org.

Yulbiz_Paris.gif

Ce tout nouveau site signe donc la mise à la retraite du wiki qui était jusqu’à présent utilisé sur Yulbiz.fr.

Je profite de ce billet pour faire trois autres annonces :

  1. Je me charge d’organiser un Yulbiz à Paris très prochainement (dans le courant du mois de Février) ;
  2. Je suis à la recherche de bonnes âmes pour m’aider dans l’organisation ;
  3. Si vous souhaitez organisez vos propres manifestations en province (je sais qu’il y a des volontaires à Lyon, à Strasbourg et peut-être même à Marseille) n’hésitez pas à vous manifester auprès de nos camarades québécois.

A suivre…

7 ficelles du métier

Guy Vigneault janvier 8th, 2008

Article publié originellement chez Zero Seconde, le 31 Décembre, 2007

C’est le temps des fêtes et il n’y a que vous sur la blogosphère? ;-) Profitez de l’éclipse festive des grands blogueurs pour vous insérer au Palmarès. Voici quelques petits trucs pour que votre jeune blogue prenne de l’altitude.

Voici quelques-unes des techniques que j’apportais dans mon livre. Poussez un peu la chance, ce n’est pas interdit. Évidemment, qu’importe votre domaine, vous n’obtiendrez pas de la notoriété du jour au lendemain. Il n’est rare de se voir reconnus qu’après un, deux ou trois ans. Mais comme le ratio bruit/information est faible en ce temps-ci de l’année, c’est un bon temps pour commencer ;-)

1. Pointez vers les experts du domaine
Partez de sujets abordés par des leaders de votre domaine. Pointez vers leurs blogues et leurs billets. Mettez leurs noms dans votre blogoliste (blogroll). Affichez-vous avec eux, dans les mêmes forums ou autres lieux de discussion.

2. Commentez sur les autres blogues
Ne faites pas seulement qu’écrire sur votre blogue. Partagez vos idées sur le blogue des autres. Participez aux autres conversations si vous voulez que l’on participe aux vôtres.

3. Répondez à vos lecteurs
Ça prend souvent du courage pour écrire un commentaire. Récompensez-les en leur répondant. Vous avez débuté une conversation, écoutez ce qu’ils ont à dire et donnez-leur de la rétroaction.

4. Publiez fréquemment et régulièrement
Trouvez votre rythme, celui que vous pourrez supporter sur le long terme. Il est important de produire une certaine quantité de billets par semaine pour conserver l’intérêt de l’auditoire (en général un minimum entre 1 et 3 billets). Et conservez un rendez-vous régulier; rien n’a plus l’air d’un site mort qu’un blogue sans billet depuis 2 mois.

5. Soyez concis et conservez un ton personnel
Communiquez avec le minimum de mots votre idée principale. Pointez au besoin vers d’autres billets pour les développements plus longs. Conservez votre voix personnelle afin de ne pas paraître trop journalistique ou corporatif. On doit sentir que les idées proviennent de vous.

6. Mettez en évidence vos meilleurs billets
Votre audience a aussi peu de temps que vous. Pour les nouveaux visiteurs, offrez une liste de vos meilleurs billets, ceux qui donneront un très bon aperçu de votre expertise et de l’orientation du blogue.

7. Faites de l’ego-surfing

Familiarisez-vous avec des outils comme Technorati.com ou Blogsearch.Google.com pour trouver qui pointent vers votre blogue. Recherchez les mots clefs de votre nom et de celui de votre blogue. C’est une technique courante de savoir qui “s’adresse” à vous. Vous comprenez maintenant pour quoi il faut pointer vers vos sources comme expliqué au point 1.

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