Comment tuer un site avec un simple email
Par Guy Vigneault • 15 oct, 2004 • Catégorie: Divers, Informatique •Reblog de chez padawan.info/fr
Bienvenue dans l’conomie numrique en toute confiance ! Ceci grce la directive europenne sur le commerce lectronique, transcrite en France par la fameuse Loi sur la confiance dans l’economie numrique (LEN).
L’association hollandaise Bits of Freedom vient de dmontrer que sur dix ISP hollandais, sept sont prts dbrancher un site web sur la foi d’un simple email sans vrifier ni l’identit du plaignant ni la validit de sa plainte. Jugez du peu.
Bits of Freedom a ouvert un compte d’hbergement auprs de dix ISP hollandais et a post sur chacun des sites un texte de l’auteur hollandais Multatuli, datant de 1871. Multatuli est mort en 1887 et ses oeuvres sont maintenant dans le domaine public, ce qui tait rappel dans le contenu publi sur chaque site.
L’association s’est ensuite fait passer pour un ayant-droit sur ces oeuvres. Un “reprsentant lgal” d’une socit bidon E.D. Dekkers a envoy une “plainte” aux 10 ISP en exigeant le retrait immdiat du contenu enfreignant leur copyright. La plainte a t envoye depuis un compte Hotmail et citait les provisions de notification et de retrait de contenu de la directive europenne.
Sept des dix ISP (Tiscali, Wanadoo, Demon Internet & Planet Internet; Yourhosting, iFast et Active24) ont retir le contenu sans inspecter le site ni montrer la moindre connaissance du droit de la proprit intellectuelle. Dans trois cas, le contenu a t retir dans les 24 heures, un dlai insuffisant pour questionner la validit de la plainte. Le pire de tous a t iFast, qui a transmis les coordonnes de son client au plaigant alors qu’une telle demande n’avait mme pas t formule. Seuls XS4ALL, UPC et Freeler ont laiss le contenu en ligne.
Bits of Freedom a ainsi constat que sur les dix fournisseurs, seul UPC a mis en doute l’origine de la plainte, et seul XS4ALL a montr qu’ils avaient inspect le contenu et avaient not que son auteur tait mort en 1887, soit il y a 117 ans.
Bits of Freedom avait laiss les fournisseurs dcider par eux-mmes s’ils devaient laisser le contenu en ligne ou non. Dans la ralit, un client contesterait certainement la validit de la plainte. Cependant la conclusion de l’association est que ce test montre une volont inquitante des fournisseurs se conformer aux exigences d’une plainte sans se poser de question. Elle conclue qu’il suffit d’un compte Hotmail pour faire fermer un site web et que la libert d’expression n’a aucune chance face la justice prive la texane”.
Il serait intressant de faire la mme chose en France.
Vous aviez dit confiance ? Maintenant vous comprenez pourquoi j’ai toujours cris LEN et pas LCEN…
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